Se connecter



Qui est en ligne

Nous avons 1 invité en ligne

Sondage

Aimeriez-vous avoir un forum de discussion dans le site ?
 
Maraîcher


Hervé LLORCA PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Olivier MOLERO   
Samedi, 30 Mai 2009 08:39
  • LOCALISATION : PERNES-LES-FONTAINES
  • SURFACE EXPLOITÉE :  3 ha
  • MODE DE COMMERCIALISATION : AMAP prioritaire - grossistes occasionnellement
  • TYPE DE PRODUCTION : Cullture légumière en plein champ et sous serre-tunnel
  • LÉGUMES PRODUITS :   salades, choux de Milan, courgettes, fenouils, navets, courges, melons, blettes, carottes, oignons, aulx, tomates et bien d'autres choses
  • CONTACT : Voir le formulaire de contact
 
Localisation terre de Hervé

 

Sur ces terres-là, si vous apercevez au loin une grande ligne verticale perdue au milieu d'un horizon de salades, courges, fenouils et autres carottes, c'est à n'en pas douter Hervé affairé au chevet de sa terre. Hervé, c'est l'homme qui nourrit plus de cent familles à Pernes-Les-Fontaines et ses environs. Qu'il pleuve, qu'il vente ou que le soleil grille tout dans sa course estivale, il est toujours là, penché sur sa production afin de nous offrir le meilleur de lui-même par l'entremise de nos assiettes.  Il pousse même le zèle jusqu'à organiser des lâchers de mouches et ordonner des battues à la coccinelle. Cet homme-là, je vous le dis, a la conscience aigüe de la santé de la planète et de celle de ses habitants.

 

 
Hervé dans une mer de verdure
 

 Hervé Llorca aura quarante ans cette année. Si l'on peut dire que c'est l'âge de raison, il n'en a pas toujours été de même. Derrière lui, se sont accumulées de nombreuses expériences plus ou moins fructueuses mais dont l'éclectisme laisse sans voix. En effet, même si sa formation de base est un brevet de technicien agricole général, il a enchaîné sur une année de fac, des stages à l'ONF et dans le parc naturel du Verdon. il a aussi pratiqué assidument la menuiserie. Il a tenu un restaurant. Il a été propriétaire d'une discothèque... oui, oui. Il a travaillé pour l'Émir du Quatar, etc, ...Dans tous ces analectes dont il a bien voulu s'ouvrir à moi, j'ai sûrement oublié quelques points tout aussi exotiques que les précédents mais qu'importe.  L'essentiel que nous pourrons retenir est qu'il a terminé ses pérambulations par une spécialisation en agriculture biologique en 2001 à Serres et que cela l'a mené tout droit à notre AMAP.

Lorsqu'en 2005 il entreprend de s'installer, il décide d'acquérir trois hectares de terre dans le Var ou le Vaucluse. Cette surface est le fruit d'un calcul avisé. C'est tout simplement la surface minimale pour être reconnu comme agriculteur professionnel. C'est aussi la superficie qui correspond à une activité à temps plein pour une seule personne. Plus tard Hervé se rendra compte que c'est un bon compromis pour alimenter l'AMAP puisque, dans ce mode de production, l'expérience montre que l'on peut produire jusqu'à cinquante paniers par hectare.  Les circonstances ont décidé que ce serait le Vaucluse . En effet, la SAFER lui a octroyé de haute lutte les terres que nous connaissons à un tarif compatible avec son projet.

En septembre 2005, Hervé est contacté pour le projet AMAP alors qu'il ne connait pas ce principe. Vous aurez compris d'après l'énoncé de ses expérience pré-quadragénaires qu'il n'est pas homme à reculer devant l'inconnu. Il se lance donc à cœur ouvert et corps perdu dans cette aventure et adapte son projet d'exploitation agricole aux exigences nouvelles du circuit de distribution ultra-court (quelques mètres à peine comme nous le savons tous). La barre est fixée à soixante cinq paniers pour lancer l'activité. Tout est à faire. Aucune serre, aucun outil, ne sont encore disponibles. La terre porte encore les stigmates du précédent propriétaire. Le défi est immense mais il est à la hauteur des espoirs de voir son rêve se réaliser. Heureusement que la solidarité entre agriculteurs n'est pas un vain mot. Même si ses confrères regardent d'un air amusé ce nouveau trublion de la courgette bio, ils n'hésitent pas à lui prêter du matériel pour sa première saison.

 
Bientôt les tomates
 
 Aujourd'hui heureusement, il a réussi à investir dans le matériel primordial à savoir:
    - Un tracteur
    - Un rotovator
    - Une sous-soleuse
    - Un cadre porte-outils
    - Un atomiseur
    - Un pailleuse
    - Un broyeur à marteaux
Néanmoins tous ces investissements incontournables se font au détriment d'un salaire décent et la rémunération de Nathalie, sa compagne, ainsi que son total soutien sont des atouts majeurs de la réussite.

 

C'est la saison des plants
 

Aujourd'hui, après trois saisons, Hervé est pleinement satisfait de la synergie qu'il a pu établir avec notre association. Il éprouve autant la sécurité liée à l'engagement solidaire des adhérents que l'inquiétude de pleinement les satisfaire avec le fruit (ou devrais-je dire le légume) de son travail. Il avoue trouver beaucoup de motivation dans la simplicité de quelques mots échangés lors de la distribution des paniers et de quelques compliments sur la qualité de sa production.

 Et le futur me direz-vous ... Le prochain projet de Hervé consistera à installer un hangar ainsi que son habitation dans le coin nord-est de ses terres. A nouveau cela a été murement réfléchi et pesé. Son matériel est entreposé chez Jean-Pierre Montigné à quelques 500 mètres de là. Encore une fois la solidarité du monde agricole n'est pas un vain mot. Toutefois le tracteur et tous les outils dorment à la belle étoile. Leur durée de vie risque de s'en trouver fortement réduite à cause de la pluie, du gel du soleil, qui grille avec la même allégresse végétation et durites de tracteur dans sa course estivale ... D'autre part, les paniers ne sont distribués que deux fois par semaine mais les légumes eux, ne semblent pas être au courant. Ils continuent de pousser et mûrir à longueur de journée. Au plus fort de la saison, les récoltes sont donc quotidiennes et le stockage s'impose pour des durées pouvant aller jusqu'à quatre jours.  Ces légumes, fraichement cueillis, sont stockés dans le garage de Hervé qui se trouve à quelques kilomètres de là. Il faut donc charger les légumes dans des palox (sortes de caisses géantes) les transporter jusqu'au garage, les décharger, les entreposer,jusqu'au jour de la distribution qui voit l'opération se dérouler en sens inverse. Bref, cela représente plusieurs tonnes de manutention hebdomadaire inutile. Quarante ans c'est l'âge où l'on commence à réfléchir à l'opportunité de ses mouvements et à faire la part entre efficacité et gesticulation. Enfin, en habitant sur place, il deviendrait facile d'optimiser les opérations d'arrosage, d'aération des serres, etc...  en fonction des conditions météo.

Mais comme toujours dans ce genre de projet, l'aspect financier reste la pierre d'achoppement. Gageons que Hervé, dont vous connaissez maintenant la pugnacité, saura effacer cet obstacle dans un délai compatible avec les nécessités de son entreprise.

 Une abeille butine une fleur de courgette

Pour conclure nous constatons chaque jour que Hervé constitue la clef de voûte productive de notre AMAP et que, à ce titre, il est éminemment soucieux de notre satisfaction à nous, les cent familles de Pernes-Les-Fontaines qu'il nourrit hebdomadairement.
Pour cela je ne peux que le remercier chaleureusement au nom de toute l'association AMAP Terre d'Échanges.

Mise à jour le Vendredi, 12 Juin 2009 09:31